La micro incision
Dr Thierry Amzallag (Somain)
Dr Michael Assouline (Paris)
Dr Danielle Deidier (Hyères)
Dr Gilles Lesieur (Albi)
Dr Pascal Rozot (Marseille)
Dr Jérôme Vryghem (Bruxelles)
Dr Ivan Zerdab (Chambéry)
Mise à jour 07/07/2005
Avertissement
Cette information générale délivrée en ligne ne saurait se substituer à l'information spécifique délivrée en consultation par un chirurgien opthalmologiste spécialisé en chirurgie de la cataracte.
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Fig. 1 : Injection de viscoélastique Rhexeal ((c) Corneal, L. Buffo)

Fig. 2 : Sculpture du noyau ((c) Corneal L Buffo)

Fig. 3 : Polissage capsulaire ((c) Corneal, L Buffo)
Qu'est ce que la chirurgie de la cataracte par micro-incision
La chirurgie de la cataracte par microincision consiste à réaliser l'exérèse de la cataracte et l'implantation intraoculaire du cristallin artificiel par une ou plusieurs incisions de moins de 2.8 mm.

Fig. 4 : Système Aqualase Alcon (Dr Th Amzallag)
Pourquoi la microincision ?
Michael Assouline, Paris

Fig. 5 : Evolution de la taille de l'incision de cataracte depuis 20 ans (M Assouline)
La réduction de la taille de l'incision de chirurgie de la cataracte est une tendance constante au cours des 30 dernières années
La chirurgie de la cataracte par microincision (inférieure à 2.8 mm) peut être considére comme l'aboutissement d'une série de progrès récents et également comme l'un des objectifs actuels de l'évolution des méthodes chirurgicales de la cataracte.
Les avantages d'une microincision sont nombreux et significatifs
- diminution du traumatisme opératoire
- réduction de l'inflammation postopératoire
- réduction de l'astigmatisme induit par l'incision
- meilleure sécurité pendant l'intervention
- moindre risque infectieux
- rapidité de la récupération visuelle
- rapidité de la réhabilitation fonctionnelle
- diminution de l'arrêt de travail pour les actifs
- diminution des besoins en anesthésiques (anesthésie topique pure)
- réduction de la durée d'hospitalisation
- augmentation de la résistance mécanique du globe après intervention
etc..
La microincision nécessite des techniques chirurgicales de pointe et un équipement sophistiqué
Les progrès ayant permis la réduction progressive de la taille de l'incision nécessaire pour la chirurgie d'extraction de la cataracte et d'implantation de la lentille intraoculaire sont multiples et seront abordés en détails dans les sections suivantes:
- Concepts biomécaniques de la phacoémulsification
(Dr Thierry Amzallag)
- Phacolaser pour la microincision
(Dr Ivan Zerdab)
- Instrumentation spécifique
(Dr Gilles Lesieur)
- Développement des implants adaptés à la microincision
(Dr Michael Assouline)
- Développement des injecteurs adaptés à la microincision
(Dr Thierry Amzallag)
- Perfectionnement des techniques bimanuelles appliquées à la microincision
(Dr Pascal Rozot et Dr Danielle Deidier)
- Expérience des implants pour la microincision
* implant Thinoptix Ultrachoice (Dr Michael Assouline, Dr Pascal Rozot)
* implant Acritek Acrismart (Dr Jérôme Vryghem, Dr Ivan Zerdab)
* implant Physiol Slimlens (Dr Gilles Lesieur)
BIOMECANIQUE DE LA PHACOEMULSIFICATION
Docteur Thierry Amzallag (Somain)
Afin de mener à bien les procédures de phacoémulsification dans des conditions maximales d ‘efficacité et de sécurité, il est indispensable que chaque chirurgien connaisse et comprenne les principes et les modes de fonctionnement des phacoémulsificateurs (figure 1, tableau des phacoémulsificateurs commercialisés en France) dont nous sommes devenus dépendants pour le plus grand bénéfice de nos patients. Savoir comment fonctionne la machine, savoir la régler en fonction d’un effet spécifique souhaité lors de l’intervention, savoir reconnaître et palier à des anomalies simples de fonctionnement contribuent à une chirurgie de qualité.
Par ailleurs, si les principes de bases demeurent (irrigation, cavitation, aspiration), des améliorations ont été apportées qui offrent des possibilités nouvelles.
DYNAMIQUE DES FLUIDES
La dynamique des fluides de la phacoémulsification consiste en un système hydrodynamique fermé constitué de six éléments :
Un flacon contenant le soluté d’irrigation
La tubulure d’irrigation
La chambre antérieure de l’œil du patient
La pièce à main US munie de son embout
La tubulure d’aspiration
La pompe d’aspiration de la machine
Idéalement la pression intra oculaire doit demeurer constante à un niveau pré réglé pendant toute la procédure, et ce, quelles que soient les circonstances opératoires. Cela n’est en fait possible que si un équilibre constant s’établit entre les flux d’irrigation et les flux d’aspiration.
En conditions statiques, c'est-à-dire en l’absence d’aspiration et de fuite par les incisions, la pression dans la chambre antérieure dépend uniquement de la hauteur du flacon d’irrigation, le liquide s’écoulant spontanément sous l’effet de la pression atmosphérique jusqu’à égalisation de la pression intra oculaire avec la pression gravitationnelle.
En conditions dynamiques, c'est-à-dire après mise en action de la pompe d’aspiration, la pression ne demeure constante dans la chambre antérieure que si la quantité de liquide arrivant dans l’œil est équivalente à la quantité sortant de l’œil que ce soit par aspiration et / ou par fuite. L’enjeu est d’importance, puisqu’il s’agit en pratique du maintien per opératoire de la profondeur de la chambre antérieure et donc de la sécurité mécanique de la procédure.
En faisant varier ces paramètres, le chirurgien peut influer sur la pression de la chambre antérieure pendant la procédure.
DEBIT D’ASPIRATION ou Aspiration Flow Rate
Le débit d'aspiration correspond au volume de liquide circulant dans l’œil par unité de temps exprimé en centimètres cubes par minutes (cc/mn). Le liquide d’irrigation arrive dans la chambre antérieure provenant du flacon par la tubulure d’irrigation et ressort par l’aspiration de la pièce à main et par les différentes fuites. La quantité de liquide aspiré par minute est appelée : débit d’aspiration.
Une augmentation du débit d’aspiration augmente la vitesse avec laquelle le vide maximal est atteint. Cela correspond à la vitesse de rotation de la pompe pour les pompes péristaltiques.
En pratique, les variations de ce paramètre entraînent des variations de réactivité de la pompe allant dans le même sens. Le débit d’aspiration agit également sur la pression intra oculaire : plus il est élevé, plus la pression a tendance à chuter à la rupture d'occlusion. Cette chute peut évidemment être compensée par un accroissement des flux d’irrigation, tant que la hauteur du flacon le permet. Au delà, un collapsus de chambre antérieure devient possible.
Il faut donc veiller en toutes circonstances à maintenir un équilibre des flux entrant et sortant. Outre les paramètres de bases imposés à la machine, une observation du comportement chirurgical permet de les modifier de manière pertinente en fonction des conditions spécifiques.
VIDE
Le vide correspond à la pression négative, et donc la dépression, créée par la pompe d’aspiration. Ce vide s’exprime en millimètre de mercure (mm Hg). Et ce, quelque soit le type de pompe utilisé. Les deux principaux types de pompes équipant les machines sont celles privilégiant le flux ou le débit et celle privilégiant le vide.
Le chirurgien agit sur le vide en réglant la valeur maximale pouvant être atteinte par la machine et donc la force d’aspiration ou de préhension des fragments cristalliniens. Lorsque cette valeur est atteinte, le contrôle électronique du vide permet de ralentir ou d’arrêter la pompe afin que la valeur affichée ne soit pas dépassée. Cette valeur est ensuite maintenue.
Différents systèmes existent permettant de contrôler la vitesse à laquelle le vide maximal est atteint, en gérant électroniquement le temps de montée du vide ou Vacuum Rise time. Ce temps dépend essentiellement de deux facteurs : le débit d’aspiration et à un moindre degré de la compliance dans les tubulures d'aspiration de la machine.
Si l’on augmente le débit d’aspiration, on augmente la vitesse avec laquelle on atteint la pression maximale d’aspiration lors de l'occlusion. Les pompes péristaltiques permettent un meilleur contrôle de cette montée du vide.
La compliance correspond à la variation de volume dans les tubulures d’aspiration consécutive aux variations du vide. Tant que la machine n'a pas atteint la limite de vide pré définie par l'opérateur, la pompe tourne et aspire. Si l’orifice de la pointe à ultrasons n'est pas libéré, le volume aspiré provient d'un écrasement des tubulures. C'est cette déformation des tubulures et le retour au volume initial de celles ci qui engendre un éventuel collapsus de la chambre antérieure.
Ces variations de volumes engendrent une latence dans la réponse à la montée du vide et ralentissent la transmission du vide de la pompe jusqu’à la pointe de la pièce à main. Plus la compliance est importante, plus le temps de latence augmente.
A l’opposé un temps de montée en vide important correspond un une réactivité plus faible et donc une sécurité plus grande.
Sur les machines plus récentes l’électronique détecte la résistance à l'occlusion, et permet au chirurgien s'il le désire d'avoir des réactions de pompes différentes des réactions classiques des différents types de pompe. Par exemple une pompe péristaltique pourra avoir un comportement d'une pompe venturi, la vitesse de montée en vide pouvant être modifiée jusqu'à l'occlusion, sans pour autant être dangereuse. L'équilibre des fluides est parfaitement respecté et la chambre antérieure reste stable.
COLLAPSUS A LA DESOCCLUSION

Fig. 6 : Courbe de dépression entraînée par l'occlusion
Que se passe-t’il lorsqu’un fragment cristallinien est aspiré ? Le flux liquidien est momentanément interrompu dans la tubulure d’aspiration qui se déprime. Une fois le fragment émulsifié et aspiré l’occlusion cesse brutalement et le flux d’aspiration liquidien reprend. Il se crée temporairement un gradient de pression entre la tubulure d’aspiration et la chambre antérieure qui peut conduire un une chute brutale de pression en chambre antérieure et à un collapsus incontrôlable. Ce phénomène, appelé surge correspond au volume de liquide qui s’écoule de la chambre antérieure vers la tubulure d’aspiration dans ces conditions particulières. Il correspond cliniquement au phénomène d’effacement de la chambre antérieure à la désocclusion. L’importance du collapsus dépend de trois facteurs :
- La compliance du système ou sa capacité à se déformer sous la pression, en l’occurrence négative. Plus celle-ci est importante, plus le volume de liquide nécessaire à la compenser sera important. Le surge qui en résulte sera plus violent et plus difficile à contrôler d’autant que le flacon de perfusion sera bas.
- Le niveau de vide atteint dans la tubulure d’aspiration avant la désocclusion. Plus celui-ci est élevé plus le collapsus sera important.
- Le diamètre de la tubulure d’aspiration. Plus celui-ci est réduit, plus la résistance au flux est élevée, limitant d’autant le risque de collapsus.
Plusieurs systèmes ont été mis au point pour limiter ces collapsus à la désocclusion et d’importants progrès ont été réalisés par rapport aux machines les plus anciennes.
Le principal d’entre eux est appelé venting. Il existe deux principes :
- Le fluid venting (remise à pression dans les tubulures par du soluté d’irrigation)
- L'air venting (remise à pression dans les tubulures par de l’air)
Le venting permet de réduire le niveau de vide dans la tubulure d’aspiration grâce à une valve ramenant le système à la pression atmosphérique. Il est activé lors du passage par la pédale de la position 2 (irrigation et aspiration) à la position 1 (irrigation seule). La pression négative dans la tubulure d’aspiration est réduite par une émission de liquide ou d’air. Ce même système permet aux pompes péristaltiques de ne pas dépasser la pression maximale d’aspiration programmée.
L’arrivée d’air ou de liquide d’irrigation dans la tubulure d’aspiration influe également sur la compliance. L’air accroît cette compliance du fait de sa capacité d’expansion sous l’effet du vide augmentant de ce fait le temps de montée du vide. On observe donc un ralentissement de la vitesse de montée du vide pour les machines équipées d’un venting par air, comparé à celle équipée d’un venting par fluide du fait de la plus faible déformabilité des liquides par rapport à l’air.
Outre le venting, sur les machines récentes la gestion électronique des pompes et la compliance ont nettement été améliorées par une augmentation de la résistance à la déformation de la ligne d’aspiration. Les tubulures se déforment moins et la capacité des pompes à compenser le collapsus s’est améliorée.
LE REFLUX
La fonction de reflux permet la création d’une pression positive dans la ligne d’aspiration de manière à inverser le flux et libérer un fragment ou un tissu qui aurait été aspiré accidentellement. Cet effet est obtenu par inversion via la pédale de commande du sens de la pompe d’aspiration ou par blocage de la ligne d’aspiration avec ouverture d’une seconde ligne d’infusion connectée à elle
SYSTEMES CLOS

Fig. 7 : Phacoémulsification à système fermé
La plupart des machines commercialisées sont munis de cassettes équipées de système clos permettant aux fluides de demeurer totalement isolés de la machine. Les mesures sont réalisées en utilisant différentes méthodes à travers des membranes.
l
COMPOSANTS DES PHACOEMULSIFICATEURS
Les phacoémulsificateurs sont destinés à émulsifier le cristallin opacifié. Pour cela, ils sont composés d’un système générant des ultrasons délivré par l’intermédiaire d’une pièce à main. La chambre antérieure est maintenue conformée par un système d’irrigation obtenu par l’écoulement d’un soluté contenu dans un flacon suspendu à une hauteur réglable. Enfin les débris sont évacués par un système d’aspiration mu par différents types de pompes.
POMPES
Il existe plusieurs types de pompes d’aspiration dont le comportement diffère lors de la chirurgie. Certaines privilégient le flux ou débit d’aspiration alors que les autres donnent la priorité au vide. Les principaux types de pompes utilisés sont les pompes péristaltiques et à un moindre degré les pompes venturi (figures 9 et 10).
POMPES PRIVILEGIANT LE DEBIT
Avec ces pompes, le débit d’aspiration peut directement être contrôlé à la pédale ou au niveau de la console. Le niveau de vide n’augmente que lorsque l’occlusion de la pointe US est effective. Cette régulation du vide est cependant indirecte car elle est la résultante du degré d’occlusion, du calibre de la tubulure d’aspiration, et du niveau maximal d’aspiration choisi. Il existe deux principaux types de pompes donnant la priorité au débit (péristaltiques et scroll) mais les plus répandus sont actuellement les pompes péristaltiques.
POMPES PERISTALTIQUES

Fig. 8 : Pompe péristaltique (Dr Th Amzallag)
Ces pompes sont constituées d’un cylindre rotatoire muni de galets d’entraînement répartis régulièrement. La tubulure d’aspiration est enroulée autour de ces galets. Lors de la rotation du cylindre, les galets génèrent un mouvement péristaltique entraînant la colonne de liquide contenu dans la tubulure.

Fig. 9 : Fonctionnement d'une pompe péristaltique (Dr Th Amzallag)
Sur la base de ce principe, des systèmes plus performant ont été développés afin d’accroître l’efficacité, la réactivité et de réduire la compliance source de ralentissement et de collapsus. Sur certaine machine, afin d’accroître l'efficacité de l'aspiration, la tubulure ne s'enroule pas autour de galets, mais la cassette possède un renflement en contact avec les galets, ce qui a pour effet d’augmenter la réactivité de la pompe.
L’accélération ou le ralentissement de la rotation influe directement sur le débit d’aspiration et sur le temps de montée du vide en occlusion.
Une des principales caractéristiques chirurgicales des pompes péristaltiques réside dans le fait que le niveau maximum de vide, qui peut être très élevé, ne peut être atteint que si l’occlusion complète de l’embout de la pièce à main a été obtenue. Dans ce cas les flux liquidiens sont interrompus dans la tubulure, mais la pompe poursuit sa rotation jusqu’à ce que le niveau maximum de vide pré réglé ait été atteint. Le temps qui s’écoule entre l’occlusion complète et l’obtention du vide maximal définit de temps de montée du vide.
S’il n’y a pas d’occlusion, la pompe tourne lentement, le vide n’augmentant que si apparaît une résistance.
Les principaux avantages de ce type de pompe résident donc dans la possibilité :
- de réguler le débit d’aspiration,
- de ne créer du vide que lorsqu’il est utile,
- d’atteindre progressivement le niveau maximal d’aspiration
Cependant les progrès électroniques et informatiques permettent de modifier le comportement spontané de ces pompes péristaltiques pour obtenir d’autres comportements souhaités.
POMPES SCROLL

Fig. 10 : Pompe Scroll (Dr Th Amzallag)
La pompe scroll doit son nom à sa forme enroulée à la manière d’un escargot. Elle est constituée de deux éléments de formes circulaires rigides. L’un est fixe, l’autre est mobile en rotation excentrée. Lors de la rotation de l’élément mobile le fluide contenu dans la pompe est déplacé. L’action de cette pompe peut être divisée en trois phases
-Remplissage de l’espace compris entre les deux éléments
-Isolation du fluide par déplacement excentré de l’élément mobile
-Vidange du fluide par l’orifice de sortie.
Ce type de pompe présente deux principaux avantages
-Une compliance réduite due à la rigidité des éléments destinée à réduire les phénomènes de collapsus à la désocclusion.
-Limitation des pertes de contact dans le circuit au cours de la rotation destinée à rendre l’aspiration plus efficace. En effet, les galets des pompes péristaltiques classiques ne sont pas toujours placés idéalement au cours de la rotation pouvant générer des légères pertes d’efficacité.
POMPES PRIVILEGIANT LE VIDE
A côtés des pompes privilégiant le débit, d’autres types de pompes privilégient le vide. Ce groupe inclus les pompes venturi, les plus utilisées ainsi que les pompes diaphragmatiques. Ces pompes permettent le contrôle direct du vide à la pédale ou au niveau de la console, mais pas celui du débit d’aspiration comme pour les pompes péristaltiques. Le débit d’aspiration est malgré tout indirectement contrôlé dans la mesure où il est partiellement proportionnel au niveau de vide (mais également au degré d’occlusion et au calibre de la tubulure d’aspiration). La vitesse de montée du vide est supérieure à celle des pompes privilégiant le débit, même en l’absence d’occlusion bien que cette différence ait été gommée sur les pompes péristaltiques les plus récentes. Leur capacité d’attraction des fragments cristalliniens est également plus importante. Le risque d’aspiration tissulaire involontaire est accru. Pour obtenir le niveau maximal d’aspiration pré réglé, l’occlusion complète est aussi nécessaire. Avec les pompes privilégiant le vide, le débit d’aspiration ne peut être réglé indépendamment du niveau de vide maximal, les deux étant directement proportionnels. En pratique, les pompes privilégiant le débit permettent un réglage du débit de pompe même pour des niveaux de vide élevés laissant au chirurgien un temps de réaction supérieur, ce qui n’est pas possible pour les pompes privilégiant le vide.
POMPES VENTURI

Fig. 11 : Pompe Venturi (Dr Th Amzallag)
La pompe venturi est constituée d’une chambre de compensation connectée d’une part à la ligne d’aspiration, d’autre part à une cavité contenant du gaz comprimé (air ou nitrogène). Le gaz comprimé passe à travers un orifice de diamètre variable. En faisant varier le volume de gaz, un gradient de pression se crée entre la chambre de compensation et la cavité contenant le gaz. Selon la loi de Bernoulli la pression exercée par la colonne de gaz comprimé est supérieure dans la direction parallèle au flux que dans celle perpendiculaire au flux. Il se crée donc un gradient de pression négative dans la chambre de compensation qui est connectée perpendiculairement au flux de gaz. L’air se trouve donc chassé de cette chambre de compensation, générant une pression négative transmise à la ligne d’aspiration. Plus le débit du gaz est élevé, plus le niveau de vide l’est également. A pression égale, le débit de gaz, et donc le niveau de vide peut être augmenté par réduction du diamètre du système venturi, c’est l’effet venturi dont le contrôle peut s’effectuer à la pédale par le chirurgien.

Fig. 12 : Fonctionnement d'une pompe Venturi (Th Amzallag)
Du fait de son principe, ce type de pompe est très réactif avec des temps de montée en vide très brefs comparés aux pompes péristaltiques.
Ce type de pompe nécessite une arrivée d'air extérieure, soit murale, soit de l'air médical en bouteille
POMPES DIAPHRAGMATIQUES

Fig. 13 : Fonctionnement d'une pompe diaphragmatique (Dr Th Amzallag)
Les pompes diaphragmatiques sont constituées de deux chambres. Une chambre de compensation connectée à l’aspiration et dotée d’une valve unidirectionnelle. La seconde chambre est une chambre d’expulsion également dotée d’une valve unidirectionnelle fonctionnant en sens inverse de la première. Une membrane mue par un moteur rotatoire pompe l’air de la chambre de compensation provoquant l’aspiration de fluide. Puis elle le chasse dans la chambre d’expulsion, la valve de la première chambre empêchant tout reflux. Ces pompes contrairement aux systèmes venturi, ne nécessitent pas d'air extérieur
PIECES A MAIN ULTRASONS

Fig. 14 : Pièces à main de phacoémulsification (Dr Th Amzallag)
TRANSDUCTEURS

Fig. 15 : Pièces à main de phacoémulsification (Dr Th Amzallag)
A l’intérieur des pièces à main US, les transducteurs transforment l’énergie du courant électrique alternatif en énergie mécanique vibratoire permettant la vibration et l’action émulsificatrice des pointes US. Cela est rendu possible par la variation de sa longueur sous l’effet d’un champ électrique. La puissance délivrée est fonction de deux paramètres : l’amplitude de débattement et la fréquence.
L’amplitude de débattement correspond à la longueur de la course de l’extrémité de la pointe US animée de mouvement de va et vient dans un axe longitudinal en réponse à l’énergie mécanique produite par le transducteur. Cette course est habituellement comprise entre 70 et 120 microns à 100 % de délivrance ultrasonore. Les valeurs fournies sont celles de l’amplitude maximale, celles-ci pouvant varier en fonction de la puissance maximale choisie par le chirurgien. Le débattement est contrôlé de manière linéaire à la pédale.
La fréquence correspond au nombre de va et vient effectué par unité de temps. Elle est généralement comprise entre 20 et 80 KHz. Le plus souvent une fréquence de 40 KHz est utilisée.
Les embouts US vibrant à une fréquence d’environ 40.000 Hz, soit 40.000 cycles par secondes, en valeur absolue, ils sont soumis à 160.000 accélérations par secondes en considérant deux accélérations et deux décélérations.
Avec un débattement maximum d'environ 100 microns, et une masse d'embout d'environ 0.2 g, la force exercée sur un embout est de l'ordre de plusieurs centaines de newton
a = 2L / t2 a = accélération ( m/s2 ) L = Longueur ( m ) t = temps ( s ))
F = ma F = Force ( N )
F = [2 x 100 -6 / (1/160000) 2 ] x 0.2 -3 = 5120000 x 0.2 -3 = 1024 Newton
Cette force est importante comparée à la faible masse de l'embout. Il en résulte des risques de fatigue du matériau au cours du temps.
Deux types de transducteurs sont possibles : piézo-électriques, les plus employés et magnétostrictifs plus anciens. La piézoélectricité consiste en la déformation de certains matériaux lorsqu'ils sont soumis à un champ électrique et réciproquement en leur polarisation sous l'action de contraintes mécaniques.
Les transducteurs piézo-électriques sont constitués de disques de céramique qui vibrent à une fréquence spécifique sous l’effet d’un courant alternatif. Ils permettent des pièces à main légères et peu encombrantes mais de durée de vie inférieure à celles équipées de transducteurs magnétostrictifs. Celles-ci sont constituées d'une bobine de cuivre soumise à un champ électromagnétique. Ce champ induit des vibrations longitudinales du transducteur. Ces pièces à main s’échauffent plus facilement que celles équipées de transducteur piézo-électrique et sont plus volumineuses.
DELIVRANCE DES ULTRASONS
Les ultrasons sont délivrés habituellement selon un mode dit " mode continu ", contrôlé par le chirurgien de manière linéaire à la pédale mais des modes pulses et burst (rafale) équipent nos machines depuis plusieurs années.
Il s’agit de mode de délivrance discontinue des ultrasons qui étaient surtout destinés aux noyaux durs mais ont été récemment remis à l’honneur à l’occasion de l’introduction de la phacoémulsificati

Fig. 16 : Enregistrement acoustique du mode pulse (Th Amzallag)

Fig. 17 : Enregistrement du mode pulse (Dr Th Amzallag)
Phacolaser pour la microincision
(Dr Ivan Zerdab, Chambéry)
Instrumentation de la microincision
(Dr Gilles Lesieur, Albi)
Injecteurs pour la microincision
(Dr Thierry Amzallag, Somain)
Techniques bimanuelles de chirurgie de la cataracte
(Dr Danielle Deidier)
Techniques bimanuelles appliquées à la microincision
(Dr Pascal Rozot, Marseille et Dr Danielle Deidier, Hyères)
Cahier des charges des implants intraoculaires pour la microincision
(Dr Michael Assouline, Paris)
Expérience des implants pour la microincision
Implant Thinoptix Ultrachoice
(Dr Michael Assouline, Dr Pascal Rozot)
L'implant Ultrachoice de ThinOptix, distribué en France par Surgilab est un concept innovant de lentille ultramince confocale segmentée injectable sous forme enroulée.
La géométrie de l'implant est celle d'une navette de dimension standard mais dont l'épaisseur est réduite à 300 µm au centre et 50 µm en périphérie des haptique.

Fig. 18 : Implant ultramince ThinOptix (Surgilab)
La zone optique de 5 mm est segmentée en anneaux concentriques dont le point focal est identique (implant confocal)

Fig. 19 : Implant ultramince ThinOptix Ultrachoice (Surgilab)
Le principe optique de cet implant est donc fondamentalement différent de celui d'une lentille multifocale diffractive de Fresnel.

Fig. 20 : Implant ultramince ThinOptix (Surgilab)
L'implant peut être injecté par une incision de 1.4 mm à 1.7 mm ce qui constitue le record actuel de la microincision, toutes catégories d'implants confondues.
Les premiers implants ThinOptix ont été posés en France en 2002 par le Dr Guerin (Aulnay), le Dr Assouline (Paris) et le Dr Rozot (Marseille).
La mise en oeuvre de la procédure d'injection est facile.

Fig. 21 : Implant ultramince ThinOptix (Surgilab)
Le déploiement de l'implant est parfaitement contrôlé et rapide (environ 20 secondes).
Les suites postopératoires sont simples.
Le centrement de l'implant est stable.
Une cataracte secondaire a été observée dans un delai de 1 à 2 ans selon les cas, un délai parfaitement acceptable pour un implant hydrophile.

Fig. 22 : Imlant ultramince Thinoptix: cataracte secondaire à 2 ans (Dr M Assouline)
L'ouverture au laser YAG, est facile et n'entraine pas de marquage de l'implant.

Fig. 23 : Implant ultramince ThinOptix : ouverture capsulaire à 2 ans
Implant Acritek Acrismart
(Dr Jérôme Vryghem, Dr Ivan Zerdab)
Implant Physiol SlimFlex
(Dr Gilles Lesieur, Albi)
Contact: GilLesieur@aol.com
La chirurgie de la cataracte permet par le développement de la technique Biaxiale en micro incision de devenir une véritable chirurgie réfractive.
Elle permet de corriger les anomalies myopiques (œil trop long) ou hypermétropiques (œil trop court) et les astigmatismes (défaut de courbure de la cornée) par la réalisation dans le même temps opératoire d’incisions relaxantes cornéennes limbiques au couteau diamant.
La phacoémulsification par des incisions de 1.2 mm (2 incisions au total) permet une meilleure sécurité chirurgicale et une stabilité réfractive.
Restait à développer un implant passant par des incisions de moins de 2.8 mm ce qui reste la taille d’incision proposée par la majorité des chirurgiens n’ayant pas effectué leur transition vers cette technique moderne.
Le laboratoire Franco-belge PhysIOL développe des implants spécifiquement adaptés à la micro incision.
Actuellement l’implant Slimflex acrylique hydrophile 26% d’un diamètre de 6mm permet tout en respectant les critères de sécurité des implants modernes (stabilité par 4 haptiques, bords carrés à 360° et angulation postérieure de 5°) d’être implanté par 2.4 mm.
Les derniers développements en cours permettent de réaliser d’ores et déjà des implantations par une incision finale de 2.1 mm.
Il est communément admis que l’aboutissement de la micro incision sera d’implanter par des incisions de 2 mm ou moins.
Cet objectif sera atteint prochainement.





