La dégénérescence maculaire
Catherine Favard, Paris
Quels sont les symptômes évocateurs de DMLA ?
Il s’agit chez une personne de plus de 65 ans (50 ans si antécédents familiaux ou hypermétropie)
- d’impression de vision déformée ou d’ondulations des lignes au centre de l’image (métamorphopsies).
- de taches ou « zones » noires et fixes au centre du champ visuel (scotome central)
- de baisse d’acuité visuelle prédominant pour la vision de près (la vision de loin est relativement bien conservée)
Comment l’ophtalmologiste sait-il que j’ai une DMLA ?
En examinant votre fond d’œil, il observe dans la macula (centre de la rétine), des taches blanches (drusen), ou des irrégularités de la couche de cellules profondes de la rétine.
Chez une personne de plus de 50 ans, de tels signes sont caractéristiques de DMLA.
Malheureusement, de nombreuses personnes ne sont examinées que lorsque leur vision baisse.
L’ophtalmologiste constate alors des lésions plus évoluées : altérations de l’épithélium pigmentaire, hémorragies, dépôts de lipides (exsudats).
Ces signes conduisent à la réalisation d’examens complémentaires, en particulier l’angiographie, qui permettent de donner un diagnostic précis.
Le médecin dispose de quatre examens :
- le fond d’œil
- l’angiographie à la fluorescéine
- l’angiographie au vert d’indocyanine
- la tomographie de cohérence optique (OCT).
Quelle est la cause de la DMLA ?
Quels sont les facteurs favorisants de la DMLA ?
Existe-t-il un traitement préventif ? Quel est le rôle de la nutrition ou des compléments alimentaires ?
Pour des raisons théoriques, les vitamines et oligoéléments sont fréquemment prescrits aux personnes atteintes de DMLA, en particulier aux États-Unis.
On sait que les défenses naturelles de la rétine contre les agressions toxiques sont des enzymes fonctionnant de pair avec des vitamines (vitamine E, bêtacarotène, flavonoïdes) et des métaux (zinc, sélénium, chrome, etc.).
Les résultats de l’étude AREDS (Age-Related Eye Disease Study) viennent d’être publiés. Cette étude a inclus 3 600 patients, âgés de 55 à 80 ans, suivis pendant plus de six ans.
Les patients ont été répartis en quatre groupes recevant respectivement des vitamines A, C et E à forte dose, du zinc à forte dose, du zinc et des vitamines A, C et E ou encore un simple placebo. Par rapport au groupe placebo, tous les groupes traités ont montré une moindre progression de la dégénérescence maculaire liée à l’âge, c’est-à-dire un taux moins important d’évolution vers une forme sévère (atrophie maculaire ou néovascularisation choroïdienne).
Cependant, seul le groupe traité à la fois par zinc et par vitamines présentait un moindre risque de développer une forme grave, de façon statistiquement significative. Plus précisément, le risque de développer une forme grave a été diminué d’environ 25 % et le risque d’environ 19 % de perdre la vision en raison d’une forme grave. Les patients ayant le plus bénéficié du traitement sont ceux qui présentaient un premier oeil très atteint par une forme sévère ou ceux présentant à leurs deux yeux des drusen de grandes dimensions (de plus de 125 microns).
Les produits utilisés dans l’étude sont les suivants : vitamine C, vitamine E, vitamine A (bêtacarotène) et oxyde de zinc. À titre systématique, les patients prenant du zinc ont également reçu de l’oxyde de cuivre afin d’éviter la carence en cuivre qui pourrait entraîner une surcharge en zinc. Attention, l’étude AREDS, qui s’est intéressée aux maladies de l’oeil liées à l’âge, a été menée avec des dosages beaucoup plus importants en vitamines et en zinc que les doses habituellement recommandées.
D’ailleurs, de fortes doses de vitamine A ne sont pas recommandées chez les patients fumeurs ou anciens fumeurs, d’autres études ayant montré une majoration possible du risque de cancer des bronches. Actuellement, les fabricants ne peuvent pas inclure dans un même comprimé plus que les apports recommandés (AJR). Dans tous les cas, il est important de suivre les recommandations de son médecin.
Bien qu’il n’existe pas d’étude ayant formellement démontré l’efficacité des produits détaillés ci-dessous, il existe une tendance assez forte des ophtalmologistes à en prescrire aux patients, en particulier dans les formes de début de DMLA.
Ces traitements sont au nombre de deux.
D’une part, les deux pigments maculaires, lutéïne et zéaxanthine. Ces produits sont particulièrement concentrés dans la région centrale de la macula. Ces pigments auraient un rôle protecteur optique en bloquant les radiations bleues de la lumière, les plus toxiques pour la rétine. Ils auraient un rôle protecteur supplémentaire par leur puissante action anti-oxydante. La concentration en pigments maculaires est fortement diminuée chez les patients atteints de DMLA ou présentant des facteurs de risque de faire la maladie (tabagisme, yeux clairs…).
D’autre part, les acides gras de la famille oméga 3 contenus dans les huiles de poisson des mers froides (thon, maquereau, saumon, etc.). L’apport en oméga 3 vise à restaurer un équilibre entre ces acides gras et les oméga 6 fournis par les viandes animales. Il existe, dans toutes les sociétés développées, un déséquilibre alimentaire en faveur des oméga 6 qu’il convient de corriger.
Les oméga 3 permettraient un meilleur métabolisme des lipides (ou graisses). Or, dans les stades de début de la DMLA, ce sont des débris lipidiques qui s’accumulent sous la rétine pour former les drusen.





