Chirurgie des voies lacrymales
Qu'est ce qu'un larmoiement ?
Un larmoiement est un écoulement anormal de larmes sur la joue, en dehors du pleur de relation (joie, tristesse…) qui est physiologique.
Pourquoi le larmoiement est-il ennuyeux ?
Le larmoiement
- nécessite d’éponger la joue régulièrement, un contrainte qui devient rapidement insupportable
- gêne la lecture et la vision de près (« prisme de larme » dans le regard vers le bas)
- occasionne à la longue un eczéma de la paupière et de la joue
Définition
Le film de larmes protège la surface oculaire.
Le larmoiement est caractérisé par l'écoulement de larmes hors du cul de sac conjonctival et des voies lacrymales de drainage.
Ce larmoiement peut être aigu ou chronique, basal ou réflexe (favorisé par l'excès de production de larmes lors de l'exposition au vent, au froid).
Quelle sont les causes du larmoiement ?
(Bruno FAYET, Paris).
Toute pathologie lacrymale doit être appréhendée selon la balance lacrymale qui fait le bilan entre les entrées et les sorties. Ces deux éléments peuvent varier indépendamment l’un de l’autre.
RAPPELS ANATOMIQUES ET PHYSIOLOGIQUES.
ORIGINE DES LARMES:
Les glandes lacrymales principales, situées à la partie supéro-externe de l'orbite, sont responsables de l'essentiel de la secrétions aqueuse.
La régulation de la secrétions est mal connue, faisant intervenir des facteurs humoraux, nerveux, et psychiques. Physiologiquement, la sécrétion lacrymale diminue vers la soixantaine.
Les glandes lacrymales accessoires disséminées dans la conjonctive sont à l'origine de la composante muqueuse.
Les glandes de Meibomius, situées dans les paupières, produisent ì
La plus grande partie de la fraction lipidique.
Il existe une sécrétion de base, complété par une secrétions aqueuse paroxystique (irritation trigéminale, rire, pleurer psychique...)
LE FILM LACRYMAL :
Les larmes se placent devant la cornée et la conjonctive, sous forme d'une pellicule de 4 microns.
Le film lacrymal présente trois couches :
- profonde, mucinique, qui adhère aux micro villosités de l'épithé
lium cornéen, le rendant hydrophile. Une sensibilité cornéenne normale est indispensable à cette adhérence.
- intermédiaire, aqueuse, la plus épaisse.
- superficielle, lipidique, diminuant l'évaporation naturelle du film pré cornéen, et lui donnant ses qualités optiques.
L'ELIMINATION DES LARMES se fait selon trois voies :
1°) Résorption cornéo-conjonctivale.
2°) Evaporation : variable selon le climat, l'environnement, la taille de la fente palpébrale, la fréquence du clignement....
3°) enfin évacuation dans les voies lacrymales d’excrétion.
LES VOIES LACRYMALES D'EXCRETION comportent :
1°) Les canalicules lacrymaux supérieur et inférieur, situés à la partie interne des paupières. Ils s'abouchent dans :
2°) Le sac lacrymal, qui se poursuit par le canal lacrymo-nasal dont l'ouverture se fait à la partie inférieure de la fosse nasale correspondante.
LE ROLE DES PAUPIERES est essentiel :
- Fermées, elles réduisent l'évaporation, compensant la réduction nocturne de secrétions.
- Le jour, elles étalent, à la manière d'un essuie-glace, les différentes composantes lacrymales. Le film pré-cornéen est instable, et son agencement est renouvelé par le clignement suivant.
- Le clignement facilite également l'écoulement des larmes vers les
Voies lacrymales d'excrétion.
ROLES DES LARMES:
- défense contre l'infection notamment grâce aux protéines anti-bactériennes (lysozyme)....
- participation à la nutrition et à l'oxygénation de la cornée.
- perfection optique du dioptre cornéen.
La BALANCE LACRYMALE est l’équilibre obtenu en fonction des apports et des sorties.
On peut imaginer un lavabo avec les robinets (les apports) la vasque (la fente palpébrale) et la vidange (voies lacrymales d’excrétion)
Dans un larmoiement l’équilibre est rompu.
Soit parce que les apports sont augmentés (Robinet ouvert en grand) quelle qu’en soit la cause..
Soit parce que les voies lacrymales d’excrétion sont obturées (la sortie est bouchée par une balle…).
Rapidement le niveau de larmes va monter, puis déborder sur la joue ; c’est l’épiphora
Ce larmoiement disparaîtra lorsque l’on fermera le robinet ou lorsque la tuyauterie sera débouchée.
Les syndromes secs oculaires procèdent exactement à l’inverse.
Une réduction de la sécrétion lacrymale peut être inapparente si les sorties sont diminuées en proportion.
Larmoiement par hypersécrétion (excès de production)
Larmoiement par hypoexcrétion (défaut d'évacuation)
Quels examens peut-on faire au cabinet pour explorer un larmoiement ?
Examen clinique opthalmologique
Exploration instrumentale
Tests aux colorants
Quels examens complémentaires peut-on faire pour compléter cette exploration clinique ?
Scanner (tomodensitométrie)
IMR (résonnance magnétique nucléraire)
Quels sont les traitements médicaux du larmoiement ?
Traitement de la sécheresse oculaire
Traitement palliatif des problèmes de paupières
Quels sont les traitement chirurgicaux du larmoiement ?
Les conformateurs méatiques
Les plasties méatiques
Les intubations
La dacryocystorhinostomie par voie externe
DACRYOCYSTORHINOSTOMIE.
La DCR consiste à anastomoser le sac lacrymal avec la fosse nasale homolatérale. Le court-circuit définitif du canal lacrymo-nasal est obtenu en supprimant la portion d'os qui s’interpose entre ces deux cavités naturelles et en favorisant le rétablissement de la continuité muqueuse. Cette marsupialisation aboutit à une ’’nasalisation" du sac lacrymal,
- A) L'ostéotomie constitue la principale difficulté technique de la DCR :
a) Trois chemins sont possibles pour atteindre la gouttière lacrymale. Deux relativement naturels : Endo-nasale et transcanaliculaire ; Le troisième est ’’sanglant’’ : la voie canthale externe.
b) La DCR est possible anatomiquement, parce la zone d'ostéotomie est à distance des arcs boutants du massif facial. Les structures dangereuses (Vaisseaux ethmoïdaux antérieurs, lame criblée, l’œil) entrant en rapport avec le sac lacrymal sont assez à distance. Il existe cependant des variantes anatomiques à bien connaître, notamment concernant l'éloignement des vaisseaux ethmoïdaux par rapport à la crête lacrymale postérieure.
c) L'ostéotomie peut être effectuée avec trois types d’instruments : Par fragmentation de l'os avec des emporte-pièce (type Citelli, Kérison, ..…. Par forage avec des microtours. Enfin par photoablation (Laser).
-B) L’établissement d’un court-circuit permanent est possible parce que histologiquement la muqueuse lacrymale et la muqueuse nasale (improprement appelée ’’pituitaire’’) sont tellement proches, que leur « greffe » est toujours un succès. C'est la clef de cette opération.
Selon les voies d’abord il est possible d’abandonner l’épithélialisation à elle-même (« laisser faire »), ou alors de guider la cicatrisation, en suturant les muqueuses bord à bord.
-C) Les indications de la DCR
Chez l’adulte la DCR est indiquée pour traiter les sténoses lacrymo-nasales rebelles et symptomatique. Chez l’enfant, la DCR est plutôt réservé aux échecs d’intubation canaliculo-nasale.
L’indication de l'intubation en association à la DCR est diversement appréciée.
L'intubation est superflue en cas d'excès muqueux. La sonde n'améliorera pas la cicatrisation et introduit potentiellement ses complications, qui elles, vont altérer le pronostic.
L'indication ne se discute pas si coexiste une pathologie canaliculaire. Le silicone traitant, au minimum, la deuxième affection.
L’intubation, qu'elle quelle soit, contribue-t-elle à restaurer une bonne continuité muqueuse, que ce soit parce que la suture bord à bord est impossible ou parce que la technique chirurgicale (transcanaliculaire, endonasale) impose un « laisser faire » ? Cette hypothèse reste à démontrer à cette date. Mais la qualité habituelle de la tolérance du silicone fait que l’intubation est légitime dans ces cas.
-I- DCR PAR VOIE EXTERNE.
Cette méthode de traitement de la SL est universellement employée. Depuis sa description (Toti), elle est forte de plusieurs dizaines de milliers de cas rapportés dans la littérature.
A) TECHNIQUE :
a) L'incision cutanéo-musculaire doit être placée au niveau canthal moins pour éviter les vaisseaux angulaires que pour ne pas léser le sac lacrymal, surtout si celui-ci est très dilaté. Sa situation varie selon les auteurs. La plus répandue est à cheval sur le tendon canthal interne (1/3 au-dessus et 2/ 3 au-dessous). La longueur se situe entre 15 et 20 mm. Celle-ci sera d'autant plus longue que l'incision sera située à distance de la crête lacrymale antérieure et que l'ostéotomie se fait avec des emporte-pièce. A noter la nécessité d'englober une fistule acquise du sac lacrymal dans les suites d'abcès perforé.
L'orientation usuelle est rectiligne. L'incision peut se faire d'un seul tenant ou plan par plan.
Quoi qu’il en soit, il faut bien comprendre que tout cela est certes une affaire d'habitude mais surtout de bon sens, car l’exposition naturelle de la région canthale varie considérablement d’un sujet à l’autre. Il faut ADAPTER son incision aux paramètres locaux,
b) L'ostéotomie est toujours mécanique (fragmentation, pulvérisation).
Anatomiquement la gouttière lacrymale est composée de deux os : en avant le maxillaire supérieur très épais, et en arrière l'unguis, encore appelé os lacrymal, qui est une fine lamelle osseuse. La part respective que chacun de ces deux os prennent dans la constitution de la gouttière lacrymale est très variable. Les variantes anatomiques sont nombreuses et tous les intermédiaires existent entre une gouttière purement " maxillaire’’ et une purement ’’lacrymale’’. La suture entre les deux est une zone de faiblesse, qu'il est aisé d'effondrer avec une rugine ou une pince Halstedt courbe. Dans l'interstice ainsi ménagé on introduit les emporte-pièce pour fragmenter l'os adjacent.
La dimension de l'ostéotomie doit être adaptée à la situation. Tous l'os en regard du sac lacrymal doit disparaître pour qu'aucun bec osseux ne puisse faire écran à l'anastomose muqueuse. Ceci est valable chez l'adulte comme chez l'enfant.
c) Le temps muqueux est le point capital de la DCR .:
On trouve dans la littérature la possibilité de faire un plan antérieur, un plan postérieur voir les deux avec en anastomosant la muqueuse nasale à celle du sac qui vient d’être ouvert. C’est éventualités correspondent aux situations d’école. En pratique l'opérateur peut rencontrer 4 situations :
1) La muqueuse nasale et lacrymale est présentes abondantes et solides. Tous les montages imaginables sont possibles. Les plus simples étant uns seul plan antérieur suspendu à l'orbiculaire. Le pronostic est excellent car la cicatrisation muqueuse est guidée.
2) A l'opposé le sac lacrymal peut être atrophique et la muqueuse lacrymale se déchirer au moindre contact. Dans ces cas, en vérité, aucune anastomose n'est techniquement réalisable. Il est préférable de réséquer la muqueuse nasale au ras de l'ostéotomie et suspendre le moignon de sac lacrymal (Voir intubation). Le pronostic postopératoire est mauvais, car on ne peut que « laisser faire » et espérer.
3 et 4) Une muqueuse seulement, sur les deux, est de bonne qualité. Le pronostic est variable. A choisir, avoir une muqueuse lacrymale en excès est préférable. Le pronostic est variable.
-B) RESULTATS :
Il est excellent dans les mucocèles, particulièrement chez l'enfant, car les muqueuses sont abondantes et saines. Il est moins bon dans les dacryocystites chroniques à sac atrophique. Il s'effondre dans les reprises (en dehors des mucocèles résiduelles) d’autant plus lorsqu'en plus existe une pathologie canaliculaire associée.
Ces résultats fonctionnels postopératoires des DCR démontrent sans aucune équivoque l’importance de la qualité des muqueuses. C’est là, et nulle part ailleurs, que réside la clef du succès de cette opération.
On comprendra donc que, autant l’ostéotomie dépend des choix et de la maîtrise technique de l’opérateur, autant il existe en ce qui concerne temps muqueux un facteur chance indépendant du chirurgien.
- C ) COMPLICATION DE LA DCR EXTERNE :
(1) Certains ne sont des effets indésirables : Fistule externe, infection de cicatrice, Inocclusion palpébrale transitoire et hématome en lunette..
(2) D'autres engagent (potentiellement) le pronostic vital :
a) Les méningites purulentes. Elles succèdent à une rhinorrhée cérébro-spinale. Le mécanisme allégué est celui d'une fracture induite par les emporte-pièce qui se propagerait vers les méninges (torsion). Cependant, il ne faut pas oublier le rôle potentiel du cornet moyen qui s’insère sur la lame criblée de l'ethmoïde. Sa mobilisation brutale va entraîner une fuite de LCR. Cet accident dramatique, nécessitant une chirurgie pour colmater la brèche dure-mérienne, est exceptionnel.
-b) Les hémorragies.
- Le saignement cutanéo-musculaire et celui provenant des vaisseaux angulaires ne pose aucun problème thérapeutique, car compression, thermocoagulation, voir la suture sont aisés à réaliser.
- Le saignement nasal est le seul qui puisse être gênant. Il cède, en règle en quelques minutes sans avoir à recourir à un tamponnement. Deux points sont à souligner dans la prévention. En préopératoire, les patients doivent être éduqués vis à vis de la prise d’aspirine pas assez souvent considérée comme un médicament ma. Malgré cette éducation des surprises désagréables se rencontrent. En per-opératoire, la qualité du contrôle de la tension artérielle est fondamentale. Globalement après DCR par voie externe, la perte sanguine est acceptable. L'hospitalisation reste inférieure à 48 heures, suivi d'un arrêt de travail de moins de 10 jours dans 95% des cas.
- Les hémorragies tardives (au-delà de 48 h) sont rares.
(3) Paradoxalement le principal reproche fait à la DCR est le résultat cosmétique.
L'épicanthus cicatriciel (EC) est spécifique des incisions de la région canthale interne. Aucune technique d’incision (longueur, localisation, forme...) n'arrive pas à le faire disparaître totalement. Il faut attendre 12 mois après la DCR pour indiquer cette révision de cicatrice par une plastie en ‘’Z’’ sous anesthésie locale.
D’un côté mis en exergue par les détracteurs de la voie canthale, et de l’autre côté passé sous silence y compris dans les plus grandes séries, l’incidence précise de l’EC est estimer à de 5%.
-II- VOIE TRANSCANALICULAIRE.
Par cette voie d’abord, le temps osseux et les temps muqueux sont réalisés simultanément par voie transcanaliculaire.
Chronologiquement, l’apparition de cette voie d'abord est difficile à situer. L'idée de réaliser mécaniquement le forage osseux en introduisant la mèche par un canalicule est ancienne .
Les problèmes majeurs sont posés par le refroidissement obligatoire pour éviter une destruction canaliculaire par brûlure. Episodiquement des communications sont refaites sur le sujet (Américan Academy 1995). A notre connaissance, aucune série n'a été publiée sur cette méthode de DCR qui ne dépasse guère le stade de l’anecdote.
L'emploi d'un laser dont le faisceau est conduit par une fibre optique de petit diamètre à rendu crédible cette voie d'abord, en réglant de problème de la brûlure canaliculaire. La fibre optique est guidée jusqu’au contact de la paroi interne de la cavité lacrymale. La projection de l’ostéotomie est repérée dans la fosse nasale par endoscopie. Il faut protéger l’œil du patient et celui de l’opérateur. Un nombre variable d’impacts est nécessaire pour réaliser la fenestration du sac lacrymal et l’ostéotomie. Une marsupialisation large est impossible à réaliser, car le maxillaire est trop épais. L’ostéotomie réalisée est en général inférieure et basse, toujours plus petite que la taille de la gouttière lacrymale. Une intubation est systématiquement associée.
Cette voie d’abord avec vaporisation osseuse présente plusieurs avantages :
a) Techniquement, l’apprentissage apparaît simplifié à l’extrême par rapport à la DCR chirurgicale classique.
b) Psychologiquement, une "intervention au Laser" rassure toujours les patients, pour qui ce terme est synonyme de modernité et gage de sécurité.
c) Il n’y a pas de cicatrice cutanée.
Malgré ces point forts il existe quelques réserves.
a) L'investissement financier nécessaire est important par rapport aux besoins de la voie externe. L’apparition récente des nouveaux agents pathogènes comme les prions impose de stériliser complètement le matériel employé, et non se limiter à une décontamination (30 ans de responsabilité médicale auquel il faut ajouter les années de majorité). Ces cycles de stérilisation sont long (90 minutes). Ceci oblige à patienter ou à disposer de plus de matériel en salle d’opération.
b) Le principal reproche concerne ses résultats. Initialement très encourageants, ils n’ont pas confirmé avec le temps l’espérance que la DCR transcanaliculaire avait fait naître. Dans notre expérience, il dépasse à peine 50 %. Ils s’apparentent en cela aux résultats que l’on obtient lorsque que l’on traite une SL par IBCN simple.
c) Les indications sont restreintes. Il faut exclure tumeurs, corps étrangers, mucocèles, ce qui additionnés représentent un peu moins de 50 des cas de SL.
d) Contrairement à une idée admise les complications existent : Destruction canaliculaire iatrogène, hémorragie...
La dacryocystorhinostomie par voie endonasale
Historiquement, cette voie d’abord fut la première décrite pour la DCR. Elle est attribuée à Caldwell a la fin du 19 siècle.
La DCR par voie endonasale tomba en désuétude sans toutefois disparaître. Le regain d’intérêt pour la voie endonasale provient des techniques de visualisation et particulièrement l’endoscopie
A) TECHNIQUE.
. Le repérage du champ opératoire peut s’effectuer de deux façons : Soit avec un microscope avec une focale de 30 mm et un bras articulé de Lejent qui maintient la béance de la fosse nasale. Ce choix autorise une chirurgie bimanuelle. Soit, d’introduction plus récente, par une endoscopie avec ou sans vidéo. Ce choix n’autorise qu’une chirurgie mono-manuelle.
La localisation des voies lacrymales est possible dans les deux cas par transillumination canaliculaire. En introduisant une source de lumière par l'un des canalicules jusqu’au contact osseux, on peut visualiser la projection du canalicule d'union dans le méat moyen et ainsi centrer idéalement l'ostéotomie. Cette aide au repérage par transillumination est applicable à toutes les formes de DCR. Elle nous semble indispensable pour les débuts en chirurgie endonasale. Elle peut être prise en défaut L’ostéotomie peut être effectuée mécaniquement ou par vaporisation avec différents laser.
Le rétablissement de la continuité muqueuse est abandonnée à lui m^me . Les anastomoses muqueuses par clipage sont intéressante (lorsqu’elle sont possible) mais méritent de démontrer leur efficacité.
B) Les résultats sont identique à ceux de la voie externe.
Les reproches que l’on peut faire à la DCR endo-nasale concerne son apprentissage laborieux. Faire les premiers pas sur cadavres est logique en raison de l'importance et de la fréquence des variations anatomiques des fosses nasales. En clinique, la chirurgie sous guidage endoscopique est déconcertante car il n'existe pas de profondeur de champ, et les accidents peuvent être dramatiques.
Le saignement de la muqueuse nasale, même mineur, devient un handicap dans la visualisation. C'est dire le soin qu'il faut apporter à l'emploi de vasoconstricteurs et au contrôle de la tension artériel pour préparer le champ opératoire. Une fosse nasale étroite est un gêne flagrante surtout pour réaliser une ostéotomie par fraisage.
CONCLUSIONS :
Le court-circuit du canal lacrymo-nasal, encore appelé DCR, demeure actuellement le traitement de choix des SL rebelles.
Schématiquement la DCR par voie transcanaliculaire est simple, mais malheureusement coûteuse et peu efficace à long terme. Elle tombe en désuétude.
La DCR par voie externe est peu coûteuse, pas trop compliquée à apprendre, et très performante, au prix d’une cicatrice vraiment peu problématique dans la très grande majorité des cas. C’est la raison pour laquelle elle reste la référence universelle.
La DCR par voie endonasale permet de traiter les pathologie nasale associée et semble la plus physiologique des DCR. La difficulté d’apprentissage est son obstacle principal. L’améliorations de ses résultats lui permet de rivaliser avec la voie externe.
La lacorhinostomie
AVERTISSEMENT :
Les informations apportées par les lignes suivantes sont destinées à vous faire mieux comprendre les maladies des voies lacrymales et leur(s) traitement(s) éventuel(s). Votre cas ne correspond pas obligatoirement aux explications qui suivent. Elles ne sont pas contractuelles. N’oubliez surtout pas que rien ne remplacera un examen médical ni ne remplacera le dialogue avec votre ophtalmologiste. Il se tient à votre disposition pour vous expliquer tout cela et vous aider à choisir le traitement le plus adapté à votre cas..
La lacorhinostomie est l’intervention chirurgicale qui vise à établir une communication directe et permanente entre le coin de l’œil et les fosses nasales.
Cette intervention est indiquée en cas de larmoiement très important faisant suites à une destruction irrémédiable des canalicules lacrymaux et/ou une destruction de la pompe musculaire qui assure l’écoulement des larmes de l’œil vers le nez.
TECHNIQUE OPERATOIRE :
L'intervention peut être réalisée sous anesthésie locale ou sous anesthésie générale.
Ce tube, en verre ou en silicone, de 3 mm de diamètre va être placé entre le coin de l’œil et la fosse nasale. La petite peau située au coin de l’œil (caroncule) est excisée en partie pour pouvoir laisser place à la partie supérieure du tube.
Le tube peut être placé de plusieurs façons :
a) Lacorhinostomie « horizontale » : La gouttière lacrymale est retirée par voie externe ou interne. Il est parfois nécessaire d’élargir chirurgicalement la fosse nasale pour pouvoir placer correctement le tube. Cette méthode de mise en place est assez proche d’une dacryocystorhinostomie.
b) Lacorhinostomie « verticale » : Le tube est glissé dans le sac lacrymal avec comme on le ferait pour une dacryo externe ou sans incision cutanée, un peu comme on ferait une intubation canaliculo-nasale.
SOINS POST OPERATOIRES :
Les suites sont indolores.
Une immobilisation minimale de quelques heures est nécessaire. Un pansement oculaire reste en place la première nuit pour protéger la sonde lacrymale d’une ablation intempestive..
Après une lacorhinostomie « horizontale », Il ne faudra ni renifler ni se moucher pendant une semaine.
Les soins locaux sont réduits à l'instillation de collyre anti-inflammatoire et antibiotique pour une durée d’une semaine.
La fosse nasale sera lavée avec du sérum physiologique pendant une quinzaine de jours.
Il ne faut prendre aucun médicament de votre propre initiative sans en avoir parlé au préalable à votre anesthésiste, même s’il vous parait anodin. Les médicaments modifiant la coagulation de votre sang (aspirine, aspégic, cardégic, aspro, uspa, etc. etc.) peuvent favoriser les saignements postopératoires.
Un arrêt de travail d’une semaine sera indiqué. Pendant cette période il faudra vivre calmement en évitant les efforts.
Le voyage en avion est interdit pour une durée de 15 jours.
LES COMPLICATIONS DE LA LACORHINOSTOMIE :
Toutes les complications générales dramatiques inhérentes à toute chirurgie peuvent s’observer : Décès, embolie pulmonaire, infarctus, etc. etc. . Elles sont exceptionnelles.
De même, le résultat postopératoire peut être pire que le point de départ.
Les effets indésirables spécifiques de la lacorhinostomie sont très comparables aux complications potentielles d’une DCR. Ces effets indésirables sont :
La sensation de nez bouché est classique pendant une semaine. Il ne faut ni se moucher ni renifler pendant cette période (risque de saignement et d’emphysème sous cutané).
L’emphysème sous cutané est un passage d'air sous la peau qui crée une sensation de bulles sous cutanées qui crépitent. Il ne faut ni se moucher ni renifler pendant une durée d’une semaine.
L’hématome d’une ou des deux paupières peut aller jusqu’à entourer l’œil, et parfois même déborder de l’autre côté. La disparition de l’hématome peut prendre plus d’un mois.
D’autres complications sont plus graves et sont susceptibles de laisser des séquelles :
Un saignement nasal (épistaxis) peut imposer s'il est important, un méchage et/ou une prolongation de l'hospitalisation. Il est plus rare de devoir faire une nouvelle opération sous anesthésie générale pour faire une coagulation complémentaire. Une transfusion est très rarement nécessaire.
Les complications cérébrales et nerveuses (fuite de liquide céphalorachidien, méningite, abcès du cerveau) sont exceptionnelles (moins de un cas sur 1000). Elles imposent une re-hospitalisation et souvent une intervention neurochirurgicale.
Une sinusite frontale temporaire (traitement médical) ou définitive (traitement médical et ou chirurgical) est très rare (1/500 environ).
Les cicatrices inesthétiques, si il y a eut incision du cutanée, sont rares (<5%).
TOLERANCE A LONG TERME .
Les larmes ne disparaissent que lorsque le patient renifle.
Lors des mouchages, il faut fermer les paupière. Sinon il se produira un de passage d’air ou de secrétions venant de la fosse nasale vers l’œil.
La partie haute du tube de lacorhinostomie peut ulcérer la conjonctive ou la cornée.
Le tube s’obture fréquemment par des ses sécrétions : Il faut parfois demander à votre ophtalmologiste de le déboucher voir même de le changer sous anesthésiée locale.
Le tube peut être expulsé vers le haut ou migrer et s’enfouir. La remise en place d’un nouveau tube sera une nouvelle intervention chirurgicale avec ses contraintes
RESULTATS :
Le taux de succès de la Lacorhinostomie est très variable. Il dépend fondamentalement de la tolérance du tube. On substitue un inconvénient, le larmoiement, par un autre inconvénient, l’inconfort du tube.





